L’encens …

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Cela fait déjà un certain temps que l’envie d’aborder le thème de l’encens me trotte dans la tête mais le temps me manquait…J’ai commencé à brûler de l’encens à l’adolescence et je me suis très rapidement tournée vers des encens naturels aux parfums plus raffinés. Car les encens sont nombreux sur le marché et beaucoup d’entre eux, fabriqués « chimiquement » sont toxiques et leurs parfums inexistants ou au contraire trop lourds.

En ce qui me concerne, ce sont aux encens japonais que va ma préférence. Je les ai découverts au début de mon épopée marseillaise, dans une magnifique boutique « Luciole » (rue Venture, pour ceux que cela intéresse…), très connue des aficionados de thés, encens, et du Japon dans son ensemble.

Je les ai redécouverts lors de mes deux excursions japonaises. J’ai eu la joie d’entrer dans une belle boutique et d’assister à une « dégustation » d’encens raffinés… Le charme et le raffinement japonais à l’état pur : un commerçant aux petits soins, qui m’a présentée une grande variété d’encens, du plus boisé au plus fruité en passant par des senteurs délicates. Il n’hésitait pas faire brûler les tiges (et non les bâtonnets) pour faciliter la prise de décision qui je l’avoue n’était pas simple… Mais indispensable étant donné le prix… Et oui l’encens de qualité a un prix ! Une fois mon choix fixé, les petites boîtes d’encens ont été précieusement et soigneusement emballées dans de jolis papiers typiquement japonais… Un délice pour les yeux et les amateurs de raffinement et de perfectionnisme.

Nippon KodopC’est donc avec un plaisir chaque fois renouvelé que je brûle mes petits bâtonnets et cônes d’encens japonais. Ce sont les mêmes souvenirs qui rejaillissent et la même douceur qui envahit la pièce quelque soit le parfum choisi.

Mais revenons-en à l’encens… Brûler de l’encens est un rituel universel et millénaire.  A l’origine, ce que l’on nomme « encens » est une résine appelée « Oliban », qui est tirée d’un arbrisseau d’Ethiopie qui se nomme « Boswalia Carteri », de la famille des térébinthacées (Burséacées). Par extension cette dénomination d’encens s’étend à d’autres résines pures comme l’oliban (Boswelia thurifera), la myrrhe (Commiphora molmol, Commiphora abyssinica), le benjoin (regroupant plusieurs résines comme le benjoin du Siam (Styrax Benzoin), le benjoin de Sumatra (Styrax oppoponax), le benjoin du Vietnam (Styrax Tonkinense), le benjoin de Chine (Styrax sinense)… ) et également à la résine de Balsamodendron opobalsamum et Gileadense ainsi qu’à la résine de Commyphoro opobalsanum connues autrrefois, en parfumerie, sous la dénomination de Baume de la Mecque, Baume de Judée ou Baume de Giléad. Aujourd’hui, le terme « encens » désigne toutes les résines que l’on fait brûler pour créer une atmosphère particulière.

De tout temps et sur tous les continents, les hommes ont considéré l’encens comme indispensable pour honorer leurs dieux (dont le cœur est réjoui par son odeur), accroître leur niveau de conscience et se soigner.

L’encens et les Dieux ….

440px-WeihrauchSon utilisation trouverait ses origines en Egypte où les gommes et résines aromatiques d’arbres furent importées d’Arabie et des côtes de Somalie pour être utilisées durant des cérémonies religieuses. En égyptien, le mot encens évoque le divin. Les Egyptiens brûlaient le Kyphi en l’honneur du dieu Rê notamment. Les prêtres lui offraient chaque jour trois sortes d’encens, une à son lever, une au milieu du jour et une à son coucher. Mais on l’utilisait aussi pour louer la présence des Dieux dans son ensemble, pour chasser les Démons ou plus simplement pour chasser les mauvaises odeurs.

Dès la plus haute Antiquité, Hérodote dit que mille talents d’encens étaient offerts chaque année en l’honneur de Bel dans son temple à Babylone .Les Mayas brûlaient le Copal pour faire fuir les mauvais esprits. L’Église catholique offre à Dieu l’encens pour signifier son adoration, et les bouddhistes l’utilisent pour méditer.

Apportées au Japon, au VIe siècle par les moines bouddhistes, les délicates senteurs de l’encens devinrent objets de raffinement et de plaisir auprès des nobles de la Cour Impériale de l’Ère Heian 200 ans plus tard.  Lors de tournois d’odeur ou kô-dô, codifiés au XVe siècle, les invités devaient reconnaître les variétés d’encens (par exemple des compositions de cinq composants) qui leur étaient présentées, écrire leur réponse à l’aide de caractères spéciaux et composer un  poème.

Aujourd’hui encore, l’encens joue une rôle très important dans la société japonaise. Au même titre que la cérémonie du thé, le rituel de l’encens fait partie d’un certain art de vivre. Autour de l’encens et de ses rituels s’est développée une véritable culture. Cette « voie de l’encens », appelée « Kôdô » en japonais, n’est pas seulement associée au plaisir de l’odorat, mais à une expérience esthétique et à une spiritualité en accord avec l’esprit du Zen. Pratiqué seul ou en groupe, les rituels associés à l’encens permettent d’atteindre, au sein de ce monde moderne en perpétuelle effervescence, un état de paix intérieure favorisant la réflexion et la méditation. Les Japonais utilisent l’encens  pour rendre plus raffinée l’ambiance de leur intérieur ou de leur bureau, pour honorer un invité, pour célébrer des évènements spéciaux ou plus simplement pour relaxer et dé-stresser le corps et l’esprit après une journée fatiguante. J’évoquerai plus en détails l’encens japonais dans un prochain article.

Dans le boudhisme Zen, l’encens est d’ailleurs considéré comme un des cadeaux les plus précieux que l’on puisse offrir… Il est beaucoup utilisée durant les cérémonies de purification.

En Chine parfum et encens sont désignés par le même caractère : Xiang (Hsiang ou Hiang). Xiang représente littéralement, en chinois ancien,  » la sève qui permet la communication « .  Ce même caractère désigne également le parfum de la vertu, la bonne renommée, le bon exemple.

Le caractère moderne Xiang désignant l’encens donc le parfum. Le caractère simplifié représente un arbre surmontant le soleil, image qui évoque à la fois la clarté et le développement. Par extension il représente aussi ce qui a trait au culte, aux temples et aux monastères et désigne, finalement, l’épithète bouddhique.

Originellement, il était question de brûler des substances aromatiques pour faire une offrande au Ciel ou aux « Esprits Célestes » : on utilisait six mélanges différents de benjoin, de myrrhe et d’oliban, constituant six espèces d’encens nommées « tranquille, reclus, luxueux, esthétique, raffiné et noble« .

Symboliquement, l’encens, par la fumée qu’il dégage, élève la prière vers le Ciel. Il associe l’homme à la divinité, le fini à l’infini, le mortel à l’immortel… De plus, le feu a un pouvoir purificateur et c’est une propriété qui est associée à la fumée de l’encens, notamment dans la pensée celtique et dans les rites de la Chine antique. Confucius dit d’un gouvernement idéal « qu’il doit exhaler une odeur d’encens ». L’importance de l’encens est aussi reflétée par le nom de Hong Kong qui se dit en chinois Xiang Giang et signifie port de l’encens.

Encens, énergies et vibrations …

images-56L’encens appartient au règne végétal. Son pouvoir vient du fait que chaque senteur « vibre » sur une certaine « fréquence », et en la respirant, elle modifie la vibration et la fréquence de notre propre corps. Pour rappel, la « vibration » des électrons de charge négative, groupés autour d’un noyau de charge positive forment la matière. Ces électrons gravitent autour du noyau; ils sont en perpétuel mouvement, bien qu’à nos sens limités, la matière paraisse solide et statique. Cette « valse » des électrons, ce mouvement continuel, sont appelés « vibration » et la matière résultant d’un certain assemblage peut être aussi bien un morceau de viande, qu’une couleur ou un parfum. La « fréquence » est la rapidité ou la lenteur de cette danse, elle en est le rythme; telle une mesure, elle scande le mouvement. Plus la mesure est rapide et plus la « matière » se désagrège à nos yeux, moins elle est visible et dense; plus le mouvement est lent, plus la matière est ce que nous appelons telle : la densité palpable, visible, audible et odoriférante.

L’énergie est présente partout dans notre environnement, et elle peut se percevoir à différents niveaux de vibration. De manière générale, il est admis qu’il existe de bonnes énergies et de mauvaises énergies, qui peuvent se manifester de manières différentes et que nous pouvons percevoir à des degrés d’intensité distincts. Il se dit que lorsque les mauvaises énergies s’accumulent, la vibration de notre environnement est tendue, et peut directement nous affecter.

Dans la pratique, l’encens sert à représenter l’élément de l’air et à apporter les vibrations des herbes ou résines qui brûlent, et qui dégagent les énergies qu’elles contiennent et les diffusent autour de nous. On peut alors s’enivrer des énergies de la pente qui se répande tout autour de nous. Utiliser les encens, c’est travailler en lien directe avec les herbes et leurs vibrations. Cette méthode est simple d’utilisation et laisse dans l’atmosphère les énergies désirés. Cette fumée qui se dégage de l’encens, peut servir à purifier le corps, une pierre, un objet ou l’endroit où s’effectue le rituel par exemple. Les parfums dégagés par l’encens, pourront aussi aider à la visualisation et à se mettre dans un état propice au rituel que vous pratiquez ou tout simplement à la relaxation.

Benjoin, Myrrhe, Oliban …

Un mélange puissant que j’apprécie particulièrement et qui permet d’éliminer les mauvaises vibrations. Pouvant être utilisés séparément, ils forment ensemble « l’encens des Mages « , connu pour être un puissant encens pour la purification, l’élévation spirituelle, et la concrétisation des désirs… il est parfait pour la protection, le détachement des choses de ce monde, et la réalisation des désirs en ce monde, ce qui en fait un encens vraiment complet !… D’autant plus qu’il est équilibré sur le plan du Yin-Yang….

Le benjoin passe pour “fixer l’esprit” et accroître la concentration intellectuelle, la myrrhe, au contraire est plus sensuelle tandis que l’oliban, réputé pour son caractère mystique est utilisé pour les cérémonies à caractère sacré.

Plus en détail :

Le benjoin :

  • Il purifie le mental et le psychisme en éliminant les formes pensées et les personnes atteintes de douleurs rhumatismales.
  • Nettoie les minéraux.
  • S’utilise pour la prospérité des affaires par la purification de l’atmosphère des lieux commerciaux.

La Myrrhe :

  • Elle élargit le champs aurique en agissant sur la circulation et les nerfs aidant à la méditation et la concentration.
  • Elle apporte la paix, la protection de la famille et des enfants.

L’Oliban :

  • Purificateur d’énergie, il permet d’avoir les idées plus claire.
  • Favorise l’éveil d’un sentiment d’unité avec Dieu, la prise de conscience d’une présence divine en soi.
  • Apporte la confiance en soi, la volonté.

Suivant Jean Pierre Bousquet la myrrhe est l’encens qui favorise principalement l’éveil des énergies Yin, de polarité féminine. Elle agit sur les structures psychiques et permet de développer une plus grande sensibilité aux réalités du monde extérieur et à mieux en ressentir les énergies qui en émanent. Elle permet de combattre la confusion entre la réalité et l’illusion et aide à développer la force intérieure. Elle est également utilisée par la tendance qui consiste à se laisser porter par les événements.
L’oliban, au contraire, est l’encens qui favorise l’éveil des énergies Yang, de polarité masculine. Il agit sur les structures psychiques de manière à développer la volonté, la confiance en soi, la détermination et la capacité à diriger.

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Conseils pour acheter l’encens …

  • Avant tout, évitez d’acheter des bâtonnets ou des cônes de provenance non identifiée.
  • N’achetez pas de produits pas chers fabriqués en Chine qui sont faits avec des produits chimiques.
  • Evitez d’acheter les poudres à la composition incertaine.
  • N’achetez pas d’encens naturels appelés « encens » sans aucune autre précision.
  • Préférez des encens naturels non manufacturés comme les résines en grains.
  • Vous trouverez des encens naturels de qualité sur le site Encens du Monde. En ce qui me concerne, vous l’avez compris ma préférence va aux encens japonais mais aussi aux encens tibétains. J’ai retrouvé sur internet la marque d’encens ramenés du Japon : il s’agit de Nippon Kodo. Ce sont des produits de qualité fabriqués à base de produits naturels. Pour eux qui ne les connaissent pas, sachez qu’ils sont moulés entièrement et non fabriqués à partir de tiges végétales, il est donc nécessaire d’avoir un porte-encens adapté. Chez Nippon Kodo, un porte-encens est fourni dans chaque boîte. Vous pouvez également en trouver sur Internet ou chez Luciole (Rue Venture à Marseille), tous plus jolis les uns que les autres…
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Sources :

http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doschim/decouv/parfums/myr_enc.html – Maurice Chastrette, Professeur émérite à l’Université de Lyon

Georges Charles – Extrait de l’article paru dans le magazine TAO-YIN en 1998

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